Carnets
En ce moment, des poèmes courts
.
Les ruelles de Savannah
Ivresse
Le timbre prend la route
Le jet, départ, vague, projet, lancement, saut ; ressac, rejet – elle ne te repousse pas
Le livre de cowboy sur les genoux de ton grand-père
un monde dans un monde
son monde dans ton monde
Entre ses doigts une odeur de rat
Le père l’a tué
le lointain sème partout
tu repousses tu grandis encore
Mon monde dans son monde
la bière à température ambiante
Tu me repousses
Je croyais manger un hibou
ô ciel, ô ciel
les herbes sous mon regard plus hautes que l’océan
comme flèche sans cible flèche sensible
le café est froid
Tu pousses en moi
Les guépards sont-ils fatigués ?
Tu as faim
J’aimerais tellement que, j’aimerais tellement que, j’aimerais tellement que, j’aimerais tellement que
Ta peine est plus grande
que la mer
la mer est plus grande que tout
Je vis sous une falaise
creuser comme un insecte
les herbes hautes poussent jusqu’à un certain point
là-bas l’horizon tient bon
Ne jette pas toutes tes épluchures, avant elles étaient une peau. Ce qui nous garde, ce que nous jetons.
ô peine
ô baiser de bouche
Tu repousses le moment où, tu repousses le moment où, tu repousses le moment où, tu repousses le moment où
J’ai froid
Viens vivre
viens
vivre
.
Rosaire
Fille du calvaire
si ton œil est trop rouge
Des libellules à perte
de vue – des marées, des
marécages
Les pieds dans la boue
tu vas moins vite
Les cercles, les prisons, les rites
Ma pierre, mon rubis
Ma terre, un tremplin pour
ma fille, les diamants
dans la sang – sans la main
Du sable en hiver
la marée montante et
pluie infinie
en cascade tu dévales
les rivières, les dunes.
Rien t’attache, ni
rengaines ni chaînes
Mais l’espoir c’est
fini, filles en habit,
son corps pour elle.
Sa mémoire
fatiguée, réveillée
dans ton cœur –
À mon fils,
N’aie pas peur,
Ensemble dans l’eau vive,
éveillés
.
.
Au coton, des figuiers
Pas de cri, mots cramés
dans le pétrole –
au moindre vent éclate
l’idole. Le froid,
la glace, les jeux, le temps
qui passe – passé maintenant,
maintenant je bois
du thé earl grey
dans la porcelaine
de l’été, des paniers
des baisers –
même sans moi
tu es là.
Maintenant comme
avant, comme demain,
si le temps blanchit
la chambre, les mains
la réchauffent
d’un feu sans brûlure,
d’un feu de velours.
Ça n’arrive pas
toujours, la fin
des calmants, des
écrans, où c’est
ton répit qu’on
tue – aujourd’hui
doux, un fruit
