Pérégrinations 2

Carnets

En ce moment, des poèmes courts

.

Les ruelles de Savannah

Ivresse

Le timbre prend la route

Le jet, départ, vague, projet, lancement, saut ; ressac, rejet – elle ne te repousse pas

Le livre de cowboy sur les genoux de ton grand-père

un monde dans un monde

son monde dans ton monde

Entre ses doigts une odeur de rat

Le père l’a tué

le lointain sème partout

tu repousses tu grandis encore

Mon monde dans son monde

la bière à température ambiante

Tu me repousses

Je croyais manger un hibou

ô ciel, ô ciel

les herbes sous mon regard plus hautes que l’océan

comme flèche sans cible flèche sensible

le café est froid

Tu pousses en moi

Les guépards sont-ils fatigués ?

Tu as faim

J’aimerais tellement que, j’aimerais tellement que, j’aimerais tellement que, j’aimerais tellement que

Ta peine est plus grande

que la mer

la mer est plus grande que tout

Je vis sous une falaise

creuser comme un insecte

les herbes hautes poussent jusqu’à un certain point

là-bas l’horizon tient bon

Ne jette pas toutes tes épluchures, avant elles étaient une peau. Ce qui nous garde, ce que nous jetons.

ô peine

ô baiser de bouche

Tu repousses le moment où, tu repousses le moment où, tu repousses le moment où, tu repousses le moment où

J’ai froid

Viens vivre

viens

vivre

.

Rosaire

Fille du calvaire

si ton œil est trop rouge

Des libellules à perte

de vue – des marées, des

marécages

Les pieds dans la boue

tu vas moins vite

Les cercles, les prisons, les rites

                        Ma pierre, mon rubis

                        Ma terre, un tremplin pour

                        ma fille, les diamants

                        dans la sang – sans la main

Du sable en hiver

la marée montante et

pluie infinie

en cascade tu dévales

les rivières, les dunes.

Rien t’attache, ni

rengaines ni chaînes

Mais l’espoir c’est

fini, filles en habit,

son corps pour elle.

                                    Sa mémoire

                                   fatiguée, réveillée

                                   dans ton cœur –

                                   À mon fils,

                                   N’aie pas peur,

                                   Ensemble dans l’eau vive,

                                   éveillés

.

.

Au coton, des figuiers

Pas de cri, mots cramés

dans le pétrole –

au moindre vent éclate

l’idole. Le froid,

la glace, les jeux, le temps

qui passe – passé maintenant,

maintenant je bois

                        du thé earl grey

                        dans la porcelaine

                        de l’été, des paniers

                        des baisers –

                        même sans moi

                        tu es là.

Maintenant comme

avant, comme demain,

si le temps blanchit

la chambre, les mains

la réchauffent

d’un feu sans brûlure,

d’un feu de velours.

Ça n’arrive pas

toujours, la fin

des calmants, des

écrans, où c’est

ton répit qu’on

tue – aujourd’hui

doux, un fruit